NOUVELLE COLLECTION GALERIES LAFAYETTE PAR LAETITIA IVANEZ

 

S’imaginer au chaud, dans un désert naturel où il fait sec et soif. Apercevoir Lawrence d’Arabie. Rouler en Méhari. La conduire pieds nus. Penser avoir croisé Claudia, Christy, Cindy et Naomi dans un jean blanc taille-haute-élastiquée, volontairement 80. Avoir la sincérité des coloris Kodak, un comportement photographique et des fantômes triés. Saluer la reprise de « La vie en rose » by Grace Jones, les années lambswool d’Oliviero Toscani, le slow argentique d’Umberto Tozzi.

S’habiller. Par beaucoup de degrés, se couvrir de minimum important. Les 250 modèles de cette collection feront rabattre les pare-soleil des autos décapotées. On sera en 1983, en 2024. On n’aura plus de montre. Seulement des repères esthétiques. On lira l’heure dans le ciel. On sera conforme à ce que l’on est. On nous verra tout de suite. Dans ce sweat en éponge. Délicate dédicace en alphabet-plage, à George Michael, « Wake me up ». Dans cette combinaison-pompiste-du-désert, au zip vite déboutonné. Dans cet imper Bic 4 couleurs. Dans ce short à l’imprimé volant de badminton pour un London-Dakar tout-terrain. On louera la clim de cette chemise végétarienne et l’insolence de cette robe-salopette citron de Menton, avec en placard une photo volée en Californie. On vivra. On plaira. On nous regardera. On sera trempée dans du facile à porter.

Cette mode découragera les coups de soleil, remontera le Nil, empêchera les moustiques de piquer, fréquentera les températures qui faisaient peindre Hockney. Plus forte que des lunettes noires pour se faire voir, la collection Galeries Lafayette été 2018 donnera envie de s’impliquer, d’être aimée, habillée, hâlée, embrassée, épousée, divorcée, elle permettra d’être soi.